Service des eaux
D’où vient notre eau et comment arrive-t-elle au robinet?
À Genolier, l’eau potable provient de plusieurs ressources complémentaires. Elle est captée, contrôlée et lorsque cela est nécessaire, traitée, puis acheminée vers les réservoirs et distribuée aux habitants.
La sécurité de cet approvisionnement dépend de toute cette chaîne. Il faut disposer d’eau en quantité suffisante, mais aussi pouvoir la traiter et la transporter jusqu’aux différents secteurs du village. Les réservoirs permettent d’absorber les variations de consommation et de constituer une réserve temporaire.
Trois ressources complémentaires
L’approvisionnement communal repose habituellement sur trois ressources :
- La source du Montant, dont l’eau est traitée à la station intercommunale exploitée par l’Entente eaudici, réunissant Arzier-Le Muids, Genolier et Gland.
- Les sources communales du Bas-des-Côtes, dont l’eau est désinfectée avant son stockage dans le réservoir et sa distribution au réseau supérieur.
- L’eau du Léman fournie par la SAPAN, qui apporte un complément, notamment lorsque le débit des sources diminue ou lors d’interruptions techniques.
La contribution de chaque ressource varie selon les conditions hydrologiques et les besoins. En 2025, environ 76 % de l’eau fournie à Genolier provenait du Montant, 23 % des sources du Bas-des-Côtes et 1 % de la SAPAN. Cette répartition décrit une année durant laquelle le recours à l’eau du lac est resté limité. Elle peut être très différente en période de sécheresse.
Disposer de plusieurs ressources offre davantage de possibilités pour assurer l’approvisionnement. Toutefois, les sources peuvent diminuer simultanément et les apports complémentaires ont eux aussi leurs limites.

Le captage du Montant. Photo publiée sur la page d’eaudici, Ville de Gland
Des ressources et des besoins qui changent avec les saisons
Les ressources du réseau ne sont pas constantes tout au long de l’année. Les sources du Bas-des-Côtes se tarissent généralement vers juin et retrouvent un débit vers novembre, parfois plus tôt, parfois plus tard selon les conditions hydrologiques. La Commune ne peut donc pas compter sur leur apport pour assurer l’approvisionnement estival. Des forages ont été réalisés pour rechercher une ressource complémentaire. Ils ont révélé une eau de bonne qualité, mais un débit limité. Les possibilités d’exploitation sont examinées dans le cadre d’une planification commune à Genolier, Gland et Arzier-Le Muids.
Dans le même temps, la consommation du village varie fortement. L’arrosage des jardins, le remplissage des piscines et les autres usages estivaux augmentent la demande. À titre d’illustration, les consommations relevées à Genolier passent d’environ 450 litres par minute en période de restrictions sévères à environ 1’380 litres par minute en plein été sans restrictions, soit une demande près de trois fois plus élevée dans ce second cas.
Ces valeurs illustrent deux situations différentes; elles ne mesurent pas à elles seules l’effet des restrictions. La saison, les usages et les économies réalisées par les habitants et la Commune interviennent ensemble.
La période la plus exigeante est donc celle où les apports des sources diminuent alors que les besoins augmentent. Le réseau doit être organisé pour répondre à cette situation, avec des ressources complémentaires, des réserves, des capacités de transport adaptées et, lorsque cela devient nécessaire, une réduction de la consommation.
Deux secteurs pour desservir le village
Le relief de Genolier impose une organisation du réseau en deux secteurs: le réseau supérieur et le réseau inférieur.
Le réseau supérieur est principalement alimenté depuis le réservoir du Bas-des-Côtes, situé à environ 655 mètres d’altitude. L’eau des sources communales rejoint ce réservoir par gravité, puis s’écoule vers les habitations. Le réservoir peut également être alimenté par pompage depuis la station du Montant, située à environ 591 mètres. La station participe ainsi à l’alimentation des deux secteurs du village.
Le réseau inférieur est principalement alimenté depuis la station du Montant. La liaison SAPAN au Petit-Cordex, à environ 480 mètres d’altitude, permet l’apport d’eau du lac.
Les réseaux supérieur et inférieur sont reliés par une vanne de régulation de pression située sur la route de la Gare, appelée vanne Clayton. Elle permet de régler la pression entre les deux secteurs. Cette liaison est distincte du pompage qui permet de transférer l’eau de la station du Montant vers le réservoir du Bas-des-Côtes.
Cette organisation adapte la distribution à l’altitude des habitations et à la pression nécessaire au fonctionnement du réseau. Acheminer de l’eau jusqu’au haut du village demande des installations adaptées: conduites, pompes et réservoirs.
Les liaisons entre les installations permettent de transférer de l’eau dans les limites des équipements disponibles. Elles ne signifient donc pas que toute l’eau disponible à un endroit peut être transportée sans limite vers un autre secteur.

La carte situe les ressources, les ouvrages et les principales liaisons. Les altitudes expliquent notamment pourquoi l’eau doit être pompée pour alimenter le haut du village.
Le parcours de l’eau en un schéma
Schéma de principe centré sur Genolier. Les liaisons régionales vers Arzier-Le Muids et Gland et les équipements de détail ne sont pas représentés. Les apports et les sens de circulation dépendent des conditions d’exploitation.
Pourquoi l’eau du lac ne suffit-elle pas toujours?
Le Léman constitue une ressource importante pour la région. Mais la quantité d’eau que Genolier peut recevoir dépend de l’apport mis à disposition par la SAPAN et des capacités des installations qui l’acheminent jusqu’à notre réseau.
L’apport SAPAN disponible pour Genolier et Arzier-Le Muids est de 540 litres par minute. Même en demandant une extension de quota pour une période de déficit hydrique, l'apport reste largement inférieur aux besoins cumulés des deux communes.
Le lac peut ainsi compenser une partie de la baisse des sources, sans nécessairement remplacer toute leur production. Lorsque les apports deviennent insuffisants, les réservoirs prennent temporairement le relais et la réduction de la consommation devient déterminante.
À quoi servent les réservoirs?
La consommation d’eau varie au cours de la journée. Les réservoirs permettent de répondre aux pointes de demande, de réguler l’approvisionnement et de conserver des réserves, notamment pour la défense incendie.
Le réservoir du Bas-des-Côtes possède une capacité totale de 500 m³: 300 m³ pour la distribution et 200 m³ réservés à la défense incendie.
Les réserves du Montant représentent 1’200 m³ au total: 800 m³ exploitables pour la distribution et 400 m³ réservés à la défense incendie. Elles servent aux trois communes de l’Entente eaudici — Arzier-Le Muids, Genolier et Gland — et ne constituent donc pas une réserve exclusivement destinée à Genolier.
Le volume total d’un réservoir ne correspond pas entièrement à la réserve disponible pour les usages quotidiens.
Leur autonomie dépend de trois éléments: le volume d’eau réellement mobilisable, les apports qui continuent à entrer et la consommation.
Lorsque les apports couvrent les besoins, le niveau peut se maintenir. Lorsque la consommation dépasse les apports, le niveau baisse. Plus cet écart est important, plus les réserves s’épuisent rapidement.
Il n’existe donc pas une durée d’autonomie unique, valable en toutes circonstances. Un même volume peut durer davantage si des apports subsistent et si la consommation diminue, ou beaucoup moins longtemps lorsque les ressources sont interrompues.
Les réservoirs donnent un temps précieux pour intervenir. Ils ne peuvent toutefois pas compenser indéfiniment un manque d’eau.
Comment l’eau est-elle traitée au Montant?
La station dispose de trois lignes de traitement fonctionnant en parallèle. Chacune suit les mêmes étapes, numérotées de 1 à 5 sur le schéma.
Le traitement de l’eau au Montant. Schéma publié sur la page d’eaudici, Ville de Gland
- Coagulation et floculation: regrouper les particules très fines pour pouvoir les retenir dans les filtres.
- Filtration rapide: faire passer l’eau à travers des couches d’anthracite et de quartz pour retirer les particules en suspension.
- Ozonation: désinfecter l’eau et oxyder certaines substances grâce à l’ozone.
- Filtration sur charbon actif: compléter l’épuration, dégrader les sous-produits de l’ozonation et éliminer l’ozone résiduel.
- Chloration: maintenir une protection désinfectante dans le réseau jusqu’à la distribution.
Comment la qualité de l’eau est-elle suivie?
Au Bas-des-Côtes, l’eau des sources est désinfectée par chloration avant son entrée dans le réservoir. La quantité de chlore résiduel est mesurée en continu pour suivre le traitement. Les exploitants effectuent également des contrôles sur place et suivent notamment le débit, la turbidité — qui traduit la présence de particules dans l’eau — et le pH.
Le programme communal d’autocontrôle prévoit des analyses en laboratoire à plusieurs moments de l’année, depuis les captages jusqu’aux points de distribution dans les deux secteurs. La station du Montant dispose également de son propre programme de prélèvements après traitement. Ces contrôles permettent de vérifier le fonctionnement des installations et la qualité de l’eau.
Pourquoi quelques pluies ne rétablissent-elles pas toujours les sources?
Le débit des sources dépend des précipitations qui atteignent leur bassin d’alimentation et de la manière dont l’eau circule dans le sous-sol.
Le Montant est une source karstique: l’eau circule dans les fissures et cavités du calcaire. Ces circulations rapides expliquent les variations du débit et de la turbidité après les pluies ou la fonte des neiges.
Une pluie locale peut améliorer temporairement un débit sans reconstituer durablement la ressource. Son effet dépend notamment de sa quantité, de sa localisation et de l’état des sols et des réserves souterraines.
C’est pourquoi l’évolution des ressources fait l’objet d’un suivi: une averse ou le retour de températures plus fraîches ne suffisent pas, à eux seuls, à établir que l’approvisionnement est revenu à la normale.
La consommation fait partie de l’équilibre du réseau
L’approvisionnement tient lorsque les apports et les réserves permettent de répondre aux besoins.
Les économies réalisées par les habitants, les entreprises et la Commune réduisent la sollicitation du réseau et font durer les réserves. En situation de pénurie, elles peuvent être indispensables même après la mise en service d’un secours.
La continuité de l’approvisionnement repose ainsi sur les ressources disponibles, le fonctionnement des installations, le travail des équipes et l’effort collectif.
Entretenir le réseau et préparer l’avenir
Les équipes du Service des eaux assurent la surveillance et l’entretien des captages, des réservoirs et des équipements. Les contrôles de qualité, la recherche de fuites et les réparations font partie de ce travail régulier. 80 capteurs acoustiques contribuent à détecter les fuites sur le réseau. L’état des conduites est suivi afin d’adapter les interventions dès qu’un signe de faiblesse est repéré.
Plusieurs actions contribuent à sécuriser l’approvisionnement :
- Diversifier les ressources: les forages du Bas-des-Côtes sont terminés. L’eau trouvée est de bonne qualité, mais son débit est limité. Les possibilités de l’exploiter restent à examiner.
- Renforcer les liaisons entre réseaux: l’achèvement de la liaison Givrins–Genolier est prévu pour début 2027.
- Rénover les installations existantes: la rénovation de la station du Montant se poursuit, avec une fin des travaux prévue à la fin de 2026.
- Planifier ensemble les prochaines années: Genolier, Gland et Arzier-Le Muids élaborent un plan commun pour organiser leur approvisionnement en eau à long terme. Prévu pour s’achever début 2027, ce travail permettra de définir les ressources à développer, les équipements nécessaires et les priorités d’investissement.
Cette démarche s’inscrit dans l’approche régionale encouragée par le Canton : considérer ensemble les besoins, les ressources et les réseaux, au-delà des limites communales. L’objectif est de mieux partager les ressources disponibles, de renforcer les liaisons de secours et de coordonner les investissements pour un approvisionnement plus fiable, tout en préservant les milieux naturels.
Le projet durable concernant la nappe de la Cézille s’inscrit également dans cette réflexion. Il reste soumis à la procédure en cours et doit être distingué de l’autorisation exceptionnelle et temporaire accordée pour le secours d’octobre 2026.
Pour en savoir plus
L’Entente eaudici réunit Genolier, Arzier-Le Muids et Gland pour l’exploitation du Montant. Gland en assure la gestion administrative. Sa page présente l’histoire de la source, la station, ses équipes et le projet de la Cézille.
Consulter la page d’eaudici, Ville de Gland